De l’islam au Christ

Je veux témoigner de ma rencontre avec le Christ, une relation, non une religion. Or j’ai connu une autre religion que le christianisme, l’islam. Je suis française de naissance, née d’un père lorrain et d’une mère flamande. J’ai été baptisée très peu de temps après ma naissance. Mais ma famille ne m’a donné aucune éducation religieuse, à part m’envoyer suivre le catéchisme. J’ai grandi dans la société laïque, et à l’adolescence j’étais mal dans ma peau. J’ai rencontré des Français musulmans, et j’ai décidé d’entrer dans l’islam. J’avais une vraie recherche de Dieu. Et dans l’islam j’ai appris à parler à Dieu, à Le prier, à Le désirer. Un an après ma conversion j’ai épousé un musulman et de notre union est née une fille. Je suis devenue une musulmane fervente, portant le hidjab (le voile), habillée de façon très couverte. Je faisais les cinq prières quotidiennes, le jeûne du mois de ramadan ; j’ai appris l’arabe, puisque pour les musulmans c’est une langue sacrée. J’obéissais parfaitement à toutes les directives qu’on m’indiquait car on me disait : « Allah l’a dit ». Comme je désirais Allah, j’obéissais.

Mais les années passant j’ai commencé à avoir le sentiment qu’il y avait des incompatibilités entre ma foi en Dieu et la vie communautaire intense qui est liée à l’islam. En tant que convertie j’étais très respectée,  mais des pressions s’exerçaient sur moi pour que je fasse des conférences, que je fasse du prosélytisme. Mais moi je n’en avais pas envie, je ne cherchais qu’Allah. J’étais aussi choquée par ce que je ressentais comme des abus. Des savants s’évertuaient à édicter des prescriptions, dans un esprit ultralégaliste : c’est ainsi par exemple qu’il était interdit pendant le jeûne de mettre un coton tige dans son oreille, de peur de laisser pénétrer quelque chose dans le corps.

J’avais épousé un Pakistanais, mais j’étais malheureuse de le voir constamment absent, incapable d’assumer sa responsabilité familiale, je ne le voyais que très peu. Je me sentais abandonnée, et dépourvue d’appui car pour Allah je m’étais coupée de ma famille. Au bout de huit ans de mariage je me suis séparée de mon mari en utilisant un principe de la charia permettant à la femme d’obtenir l’annulation du mariage. Et j’ai décidé de quitter la communauté musulmane, mais de garder le coran comme livre de vie et de continuer à porter le voile. En faisant cette lecture personnelle j’ai découvert qu’un verset autorise le mari à frapper son épouse, que des versets prescrivent de tuer les mécréants etc etc…J’ai finalement quitté le voile, ce qui était une décision très lourde. A ma surprise, Dieu ne m’a pas punie.   J’ai vu qu’on pouvait désobéir à Allah, et qu’il n’arrivait rien. Toute ma foi musulmane s’est alors écroulée, et j’en ai conclu que Dieu n’existait pas. Pendant deux ou trois ans j’ai été dans une profonde crise intérieure. Je travaillais énormément, et me sentais mal. Je n’avais plus aucun héritage, ni matériel, ni spirituel, à transmettre à ma fille.

Voici qu’au mois d’août je décide de participer pendant mes vacances à un « stage d’initiation aux archétypes chamaniques » dans les Landes. Ce stage plus ou moins farfelu se déroulait dans un lieu tenu par un prêtre catholique. Or ce prêtre célébrait sa messe tous les jours à 18 heures. Apprenant cela, je me suis dit : « pourquoi pas ?». Je n’avais aucun souvenir d’une messe quelconque. A la fin du premier jour du stage, dont je n’ai aucun souvenir, je vais assister à cette messe. Le prêtre commence à célébrer, et moi qui ne connaissais rien de tout cela, je ressens aussitôt une très forte onction. Je sens l’amour, la présence du Seigneur, et je réalise, moi qui ne savais rien de Jésus, que c’est Lui qui est présent. Je sens son amour, sa présence, son regard sur moi, je sens qu’il me dit : « tu es mon enfant et je t’aime ». C’était si bon ! Le lendemain, je retourne à la messe, et ça recommence, exactement comme la veille. Même chose le surlendemain, le jour d’après. Je négocie et obtiens de rester une deuxième semaine, bien après la fin du stage, et à chaque messe je goûte cette délicieuse présence du Dieu d’Amour. Certaines phrases de la liturgie me touchaient particulièrement : le moment où le prêtre élève la coupe et dit « par lui avec Lui et en Lui, à toi Dieu le Père tout puissant, tout honneur et toute gloire, pour les siècles des siècles » était un moment particulièrement intense et indescriptible, et cette phrase me revenait jour et nuit, comme à chaque respiration. Quand je me promenais dans la forêt, cette phrase était en moi, et de plus je voyais que toute la nature vibrait de l’amour du Seigneur. Je suis rentrée chez moi, pleine d’une joie et d’une paix extraordinaires. Au bout d’un mois j’ai réalisé qu’il y avait une église tout près de chez moi. Je suis allée dans cette église, et peu à peu j’ai été accueillie dans la communauté chrétienne. Et j’ai expérimenté ce qu’est une relation avec le Seigneur, par l’exemple des chrétiens, ce qu’est de vivre dans l’Esprit saint. Toutes sortes d’autres cadeaux m’ont été faits par le Seigneur. Un des plus beaux, le plus beau peut-être, c’est que tout récemment ma fille Maria, en exaucement de ma prière, a accepté Jésus comme Seigneur et Sauveur. N’est-ce pas merveilleux ?